Fils et filles d'Alzheimer ...
... petits-enfants, conjoints/partenaires, parents, amis, soignants et autres proches de malades d'Alzheimer,
Notre combat : que les personnes frappées par la maladie soient prises en charge avec compétence, humanité et dignité jusqu'au bout.
Partageons ici informations et expériences, bonnes ou mauvaises, qui éviteront peut-être à d'autres certaines mésaventures douloureuses et
coûteuses. Voyez avec Carpe
Diem ce qui peut se faire quand la volonté existe.
filledAlzheimer@yahoo.fr <le 22 janvier 2007>
N.B: Si vous avez du mal à lire sur fond noir,
il vous suffit de sélectionner le texte pour l'avoir
en bleu et blanc.
Juste un témoignage.....pour réfléchir et vous éviter de vous enfermer dans une situation de laquelle vous ne pouvez plus vous sortir.....
J'ai 47 ans et ma mère a toujours eu une forte emprise sur moi.
Depuis la mort de mon père, il y a 18 ans, je vis sous le même toit que ma mère (un peu embobinée par le restant de la famille pour que je veille sur la femme forte de la famille...).
Il y a 6 ans, j'ai décidé de m'installer à la campagne pour y reprendre une épicerie de village. et ma mère était du voyage car financièrement les premiers mois allaient être difficiles, et pour elle c'était une évidence qu'elle me suive...
Ma mère n'a jamais voulu voir de médecin depuis son arrivée au village...c'était son choix..
Depuis deux ans, son état s'est fortement dégradé et elle présente des signes évidents de la maladie, avec pas mal d'agressivité et un fichu caractère...
J'ai fait venir un Médecin Généraliste en lui expliquant la situation, il est allé la voir et elle l'a laissé rentrer et s'est laissée examiner, a subi une prise de sang (parfaite), et le médecin lui a demandé de passer des tests de mémoire....Le jour J, refus total, m'indiquant qu'elle n'était pas malade, et que ça ne servirait à rien....
Le Médecin lui a prescrit du TANAKAN !!!! et s'est évaporé dans la nature, se sentant vraisemblablement incapable de prendre des décisions.
Aujourd'hui la situation est catastrophique. Je suis moi-même épuisée, mon activité professionnelle ne me laisse aucune liberté, et je ne peux pas me libérer quelques heures pour décompresser : elle imagine des scenarii invraisemblables, elle ne sait plus quel jour, encore moins quel mois et quelle année nous sommes, ne fait plus rien à la maison qui est devenue une porcherie,  elle me raconte continuellement, continuellement, continuellement les mêmes histoires....
Elle me laisse encore tranquille la nuit, mais elle commence à être très agitée avant de s'endormir...
Nous n'entendons plus parler de mon frère, ma soeur à 350 kms d'ici fait ce qu'elle peut.
La situation s'aggrave de jour en jour.
Je ne comprends pas qu'un Médecin digne de ce nom, même si il ne connait pas la patiente, puisse se cacher la face et ne pas venir en aide autant au malade qu'à ceux qui lui crient "au secours".
Faire venir un autre médecin va la déstabiliser complètement, elle va se sentir "agressée"....alors je laisse courir !!!
dans le respect de la dignité et de la liberté
dominique HERBERT