"La politique de civilisation,
c'est la politique de la vie"
Bon début. Voyons la suite.
[...]
"La sécurité sociale, le droit du travail, les congés payés, le service public,
ce furent les fruits d'une politique de civilisation."
Nous pouvons donc nous sentir rassurés en comprenant que nos dirigeants vont s'employer à préserver ces acquis, fruits de la
civilisation. Mais ... gare à la nuance : "ce furent", ici le passé simple a de quoi inquiéter, car aujourd'hui ces acquis sont considérés par certains comme
dépassés.
Vigilance, donc. Adaptation aux réalités contemporaines, oui, démantèlement, non.
[...]
"A chaque époque, [...] le défi est toujours le même : [... ] réhumaniser la société, [...]"
Réhumaniser la société, on ne peut qu'être pour !
Un impératif vital : réhumaniser l'hôpital (voir plus
loin).
" Edgar Morin dit que les impératifs aujourd'hui d'une politique de civilisation sont la solidarité, ... la convivialité, la moralisation qu'il oppose aux maux de notre temps que sont
l'isolement, le cloisonnement, l'anonymat, la dégradation de la qualité de la vie, l'irresponsabilité.
Ces objectifs, je les fais miens. Je les fais miens [...]
dans la politique sociale, dans la politique du développement durable."
Alors il faut d'urgence, et d'abord au plus haut de l'Etat, entre nos ministères et dans nos administrations, en finir avec le
cloisonnement.
Ainsi plus jamais on ne verrait le ministère de la santé renvoyer à celui de la solidarité
l'inventif jardinier en maison de retraite soucieux de ménager les
articulations des vieux résidants,
plus jamais on ne verrait une administration de tutelle juger en
sureffectif une unité Alzheimer
(service de grands dépendants) dont le ratio de personnel s'approche du ratio officiellement préconisé, plus jamais on ne verrait ces multiples contradictions flagrantes entre
les discours et la réalité,
plus jamais ... Je rêve ? Mais non, voyons, puisque
notre président engage ici sa crédibilité!
Voir plus loin la priorité qu'il déclare donner en 2008 à l'hôpital.
[...]
"Je pense bien sûr à l'environnement, à la santé, à l'urbanisme, à l'architecture, au logement, à l'école, au service public, à la protection sociale. Je pense aussi à la
revalorisation du travail, à la place qui est faite à la jeunesse, à la manière dont notre société traite ses personnes âgées."
"Croyons-nous que la maladie d'Alzheimer, la dépendance, la dépression, le malaise des banlieues, l'intégration ou le chômage des jeunes
ne sont pas des problèmes posés à notre civilisation et qui exigent autre chose pour être résolus que quelques mesures de gestion ou quelques crédits supplémentaires ?
[...] Croyons-nous que la civilisation peut sortir indemne des dérives du capitalisme financier ou du réchauffement climatique ?"
Au
contraire, M. le président, nous sommes convaincus que la France des Droits de l'Homme
se grandirait à mieux traiter ses vieillards et à prendre correctement en charge
les malades d'Alzheimer de tous âges.
C'est pourquoi, au nom de la civilisation, nous demandons,
ICI et MAINTENANT
(= dans tous les services de grands dépendants et sans attendre 2012)
des professionnels compétents (formés à la maladie d'Alzheimer et à la bientraitance)
en nombre suffisant, soit 0,8 tout de suite pour aller progressivement vers 1.
Accessoirement, si les hôpitaux et maisons de retraite nouveaux étaient désormais construits selon des techniques écologiques, HQE etc, le réchauffement climatique s'en trouverait freiné.
Décloisonnons aussi la réflexion !
[...]
"C'est avec la même volonté de
mettre en œuvre une politique de civilisation que je souhaite
engager une réflexion sur les moyens d'échapper à une approche trop quantitative,
trop comptable de la mesure de nos performances collectives. [...]
Pour tout changer nous avons besoin d'abord
de changer nos critères de jugement, nous avons besoin
de prendre en compte la qualité et pas seulement la quantité. "
Alors, M. le président, cessons pour commencer de comptabiliser le travail des soignants
comme s'il s'agissait de produire en usine des objets commercialisables!
Exemple avec les repas donnés aux malades incapables de se nourrir seuls :
Une approche trop quantitative, trop comptable conduit actuellement, faute de personnel formé et en nombre suffisant, à faire manger un malade en 10mn. Ce qui
veut dire pas de soupe de légumes,
de maigres rations enfournées trop vite, la nourriture généralement servie froide
et aucune communication.
Une approche qualitative voudrait que l'aide-soignante puisse consacrer à chaque malade les 20 à 40-45 mn dont il aurait besoin (1h selon le CNA!) pour
apprécier un repas complet équilibré
et servi chaud, que l'aide-soignante lui commenterait au passage
(le mixé n'étant généralement pas identifiable).
Prendre en compte la qualité supposera
PLUS de soignants, et
la FORMATION de tout le personnel à la BIENTRAITANCE.
Cela aura indéniablement un coût immédiat, mais les bienfaits à long terme sur le plan humain et sur le plan économique (emplois directs et indirects) seront
incommensurables.
"[Prendre] mieux en compte les conditions réelles et la qualité de vie des Français qui n'en peuvent plus de l'écart grandissant entre des statistiques qui affichent un progrès continu et les difficultés croissantes qu'ils éprouvent dans leur vie
quotidienne."
J'ajouterai : qui n'en peuvent plus de l'écart constaté entre les proclamations
et les actes.
[....]
"[...] En 2008, la politique de civilisation s'exprimera dans l'action qui sera menée
contre le cloisonnement et la bureaucratisation de la société à travers la poursuite de
la réforme de l'Etat et de la réforme administrative, parce que la bureaucratisation porte une lourde responsabilité dans la déshumanisation de notre société. Au-delà des
changements d'organisation,
de méthodes, d'état d'esprit, un Défenseur des Droits fondamentaux doté de larges attributions sera créé pour permettra à chacun de disposer d'un recours efficace et
pratique face à la mécanique anonyme de l'administration. Son rôle sera consacré par la Constitution."
Bien, mais... quelle différence avec l'actuel Médiateur de la République ?
[...]
"En 2008, la politique de civilisation s'exprimera aussi dans la politique de santé,
qui est l'une des valeurs fondamentales sur lesquelles repose notre idée de l'Homme.
Il y a un sujet particulier qui a été évité depuis trop longtemps et qui ne peut plus l'être :
je veux parler de l'hôpital où tant d'espoir, de sentiment et de dévouement se mêlent
à la maladie et à la souffrance. L'hôpital est en déshérence.
Je veux en faire l'une des priorités de 2008.
Je veux que soit réglé le problème des 35 heures qui l'a si profondément désorganisé. Je souhaite qu'on en change la gouvernance, qui n'est plus adaptée aux réalités d'aujourd'hui. Je souhaite
que l'on transforme des structures hospitalières sous-utilisées pour accueillir des personnes âgées qui ont du mal à trouver un hébergement adapté à leurs besoins."
"Je veux insister aussi sur la nécessité de garantir à tous un égal accès à des soins de
qualité quels que soient les moyens de chacun, quel que soit le territoire ou le quartier où il habite [...]"
En prévoyant la prise en charge de la dépendance par la Sécurité sociale ?
Actuellement la maladie d'Alzheimer, censément prise en charge à 100% à titre d'affection de longue durée, ne l'est pas vraiment puisque les soins non médicaux
rendus nécessaires par la maladie
restent pour l'essentiel à la charge du malade et que leur montant dépasse souvent très largement les ressources de celui-ci.
[...]
"En 2008, la politique de civilisation s'exprimera dans la poursuite de la politique de revalorisation du travail. [...] La revalorisation du travail, elle est dans la suppression de tous
les obstacles qui empêchent ceux qui le veulent de travailler. Elle est dans l'assouplissement des règles du marché du travail et dans la sécurisation des parcours
professionnels."
Là, au sujet de la dégradation continue des conditions de travail des soignants, je cède la plume
(le clavier ;-)) à Mme Anne Perraut Soliveres, infirmière de nuit, et aux soignants qui s'expriment
sur son blog Tapage nocturne à
l'hôpital .
"En 2008, la politique de civilisation s'exprimera dans notre capacité à mieux partager les rentes et les profits, à partager plus équitablement les résultats des efforts de
tous."
[... ]
[...] "faire rayonner les valeurs universelles de paix, de justice, de liberté,
de dignité de la personne humaine et de diversité."
"La France mettra tout en œuvre ... pour que la logique du commerce ne prenne pas systématiquement le pas sur toutes les autres."
Voir plus haut mes remarques sur la bientraitance et sur le travail des soignants, et j'emprunterai ma conclusion à un soignant
internaute :
"Un lieu de soins n'est pas une usine !" ..
.
M. le président, il s'agit maintenant
de concrétiser ces nobles déclarations.
Nous vous jugerons
aux mesures prises et à l'évolution de la réalité sur le terrain.
filledAlzheimer@yahoo.fr
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